top of page
La Frontière du Monde Connu (Venezuela)
Voyager dans le Delta, c'est atteindre le point où les cartes s'effacent. C'est un territoire de sables mouvants et de forêts inondées où la géographie se confond avec le mythe. Les Warao y gardent un secret vieux de 80 siècles : comment rester libre dans l'enfer vert. On naît bien ici, car on naît sans chaînes économiques, protégé par la richesse d'une culture qui n'a besoin de rien d'autre que de la pirogue et de l'horizon. Un monde mystérieux qui nous force à regarder notre propre confort avec humilité.

Ici, la vie est entière.
Le Delta de l'Orénoque (Wirinoko) s’étendait à perte de vue, un labyrinthe vert où le ciel se reflète dans une eau calme et trouble. Guidé par le chant des perroquets, le cri viscéral des singes hurleurs et le murmure des vagues, je voguais en pirogue à la recherche d'un trésor bien particulier : le ver de palmier. C'est au cœur de ce paysage sauvage que j'ai rencontré ces femmes Warao, aux yeux brillants d'une intelligence ancestrale, maniant la survie avec une simplicité déconcertante.

Comme on fait ses courses dans un supermarché aseptisé, je suis venu chercher mon repas au creux des troncs. Pour nous, occidentaux, manger ces larves juteuses est une performance, un défi qui soulève nos cœurs de « petits bourgeois » trop gâtés. Nous avons trop d'imagination, trop de dégoûts préfabriqués. Pour le Warao, il n’y a ni barrière, ni principe superflu : tout est à portée de main. Il suffit de se baisser, ou plutôt d'attraper ce qui fera le sel de votre quotidien. Ce qui est pour nous une épreuve de courage est pour eux l'évidence même de la vie.

Ce festin grillé sur un feu de bois nous bouscule. Nous, ultra-privilégiés, protégés par nos normes sanitaires et nos démocraties de confort, nous avons oublié que la terre nourrit celui qui sait la regarder. On comprend alors qu’on naît bien ici, dans cette jungle nourricière, quand on n'a pas besoin de superflus pour être rassasié. On ne naît pas tout seul ; on naît héritier d’une connaissance qui transforme une larve en un festin de roi. People are unique parce que ce peuple nous montre que la véritable richesse, c'est de savoir que le monde est un garde-manger pour celui qui possède la connaissance et l'humilité de s'en servir.

Imprimé sur papier mat de qualité.
• Grammage du papier : 190 g/m 2
• 0,26 mm d’épaisseur
• Cadre en bois d’aulne semi-dur
• Cadre en chêne massif
• Protecteur avant en acrylite
• Matériel de suspension inclus

À la recherche du festin

45,00 €Prix
Hors TVA
Quantité

    © 2020-21 regie'd com

    bottom of page